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Séminaire

Séminaire pluridisciplinaire 2026 du pôle ergonomie : Activités humaines et IA, questions, effets et perspectives

L'édition 2026 du séminaire pluridisciplinaire du pôle ergonomie aura lieu les 8, 9 et 10 juin et aura pour thème :

Activités humaines et IA, questions, effets et perspectives

 

Elle sera organisée par le pôle ergonomie de la Formation continue Panthéon-Sorbonne en partenariat avec le laboratoire de recherche CETCOPRA.

 


TEXTE ANNONCE

Les techniques ont de tout temps constitué une dimension essentielle de l’activité humaine. L’avènement de l’automatisation a marqué une première transformation majeure du travail caractérisée par la mécanisation et l’automatisation de tâches jusque-là prises en charge par les hommes, entrainant une substitution partielle des machines aux savoir-faire des opérateurs.

L’introduction massive du numérique, suivie du développement des algorithmes, et plus récemment de l’intelligence artificielle générative, prolonge et amplifie cette dynamique en l'étendant aux dimensions cognitives, interprétatives et décisionnelles de l’activité. Ces évolutions interrogent en profondeur les modalités de réalisation du travail, les formes d’engagement des sujets dans l’activité et les rapports entre humains et artefacts techniques.

Ce séminaire a pour objectif d’examiner les enjeux théoriques, empiriques et méthodologiques soulevés par l’intégration de l’intelligence artificielle dans les activités humaines, et plus particulièrement dans les situations de travail.

Il se propose d’articuler la réflexion autour de cinq registres de questionnement :
 

  1. Qu’est-ce une IA ? Que recouvre le terme « intelligence » appliqué aux systèmes artificiels ? Quelles distinctions convient-il d’opérer entre intelligence, intellection et computation ? En quoi l’intelligence humaine se distingue-t-elle du processus propre aux IA ?
     

  2. Comment comprendre l’intégration de l’IA dans l’activité ? Comment analyser l’inscription de l’IA dans l’activité de travail ? Quelles sont les finalités et les enjeux stratégiques et politiques qui conduisent à intégrer l’IA dans une organisation ? Comment comprendre les annonces qui accompagnent l’avènement de l’IA dans les systèmes de travail ? Comment s’articule le travail des hommes avec ces systèmes dans les situations de travail ? 
     

  3. Que fait l’IA au travail ? Quels sont les effets du développement de l’intégration des IA dans les organisations du travail ? Comment évoluent les processus de décision dans les système intégrant les IA ? quelle manière les savoir-faire et les compétences professionnelles se recomposent-ils, tant sur le plan organisationnel que cognitif ?
     

  4. Quels sont les modèles sous-jacents au développement des IA ? Comment appréhender les promesses qui leur sont associées, les modèles économiques qui les soutiennent (reposant notamment sur la subvention — en particulier dans le contexte français —, la captation et la commercialisation des données) ? L’IA s’inscrit-elle dans la continuité des grandes innovations technologiques visant l’optimisation des systèmes de production — gains de productivité, amélioration de la fiabilité et de la qualité, massification des processus — ou relève-t-elle avant tout d’un modèle autonome de valorisation, centré sur sa propre diffusion et rentabilité ? Quel sont les modèles de conception des systèmes de travail intégrant l’IA ? Quelles perspectives nouvelles ces modèles font-ils émerger ? 
     

  5. Comment intervenir dans des contextes de travail marqués par le développement de l’IA ? En quoi ces transformations reconfigurent-elles les dynamiques d’intervention ? Comment contribuer à la conception de systèmes de production visant à valoriser l’activité humaine ? Dans quelle mesure est-il possible de concevoir l’IA comme une aide à l’activité, et non comme un simple instrument de renforcement de la prescription ?

Finalement, pour le dire autrement, peut-on penser que ce qui arrive, condamne, efface ce qu'on croit qu'il va supplanter ? L’histoire montre cependant presque toujours l'inverse : la photographie n'a pas déclassé la peinture, ni le cinéma la photographie, ni la télévision le cinéma, ni les plateformes et les réseaux la télévision ... Mais à chaque fois, le neuf convoque, et donne occasion de préciser l'irréductibilité de ce qui, à ce moment-là précisément, résiste, s'affirme et se confirme.

De même que la machine et le progrès technique n’ont jamais supplanté le travail en tant que tel, mais ont plutôt transformé et déplacé ce qui, dans le travail, ne relevait pas spécifiquement de l’activité humaine, contribuant ainsi à en faire apparaître plus nettement sa singularité, peut-on faire l’hypothèse qu’il en va — ou qu’il en ira — de même avec l’intelligence artificielle ?
 


LIEU

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre Panthéon
Salle 6 
12 place du Panthéon
75005 Paris
 


Informations pratiques, tarifs, programme détaillé : à venir